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Des risques d’extinction planent sur un tiers de la flore tropicale africaine

L’Afrique de l’Ouest, l’Ethiopie, la Tanzanie et le sud de la RDC sont exposés aux plus fortes pressions, selon la première évaluation réalisée à l’échelle continentale.

Des hommes coupent des arbres pour faire du charbon de bois dans l’est de la Sierra Leone. REUTERS

Près d’un tiers – 31,7 % – de la flore tropicale africaine serait menacée d’extinction, selon une étude publiée mercredi 20 novembre dans la revue Science Advances, qui fournit la première évaluation réalisée à l’échelle continentale sur le sujet. L’Afrique de l’Ouest, le centre de la Tanzanie, l’Ethiopie et le sud de la République démocratique du Congo (RDC) y sont identifiés comme les régions où s’exercent les plus fortes pressions sur la biodiversité, avec des risques d’extinction pouvant dépasser 76 % dans les montagnes éthiopiennes ou 67 % dans le delta intérieur du Niger.

Comparées à la faune, dont la grande majorité des espèces de mammifères et d’oiseaux ont été répertoriées et classées sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), les plantes demeurent le parent pauvre de cette surveillance planétaire, en dépit du rôle qu’elles jouent dans la pérennité des écosystèmes.

Le déclin de la nature se déroule à un rythme sans précédent

Seulement 8 % des 352 000 espèces de plantes recensées à travers le monde ont fait l’objet d’une évaluation de l’UICN. Ce chiffre vaut aussi pour les zones intertropicales où la biodiversité demeure pourtant la plus riche. Le nombre considérable d’espèces et l’exigence des méthodologies utilisées par l’UICN expliquent en grande partie cette connaissance lacunaire. Mais il apparaît difficile de se satisfaire de cette situation alors que le déclin de la nature se déroule à un rythme sans précédent, comme l’a montré le rapport de l’IPBES (Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) publié en mai.

« Cette urgence a conduit à imaginer une autre méthode qui permette d’établir plus rapidement l’état de conservation d’un plus grand nombre d’espèces de plantes à une plus large échelle », explique Thomas Couvreur, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et coordonnateur de l’étude.

Baptisée PACA (pour « évaluations préliminaires automatisées de conservation »), elle consiste à superposer les cartes de distribution des espèces et celles de l’utilisation des terres – des plus préservés aux plus exploitées – réalisées à partir de vastes bases de données. Les critères retenus pour construire le classement entre les espèces « probablement ou potentiellement menacées », « potentiellement rares » ou « potentiellement pas menacées » s’appuient en grande partie sur l’approche de l’UICN.

« [Ces] évaluations préliminaires peuvent apporter des informations cruciales pour que le développement économique de l’Afrique » – Thomas Couvreur, de l’IRD

Mais grâce au traitement informatique des données, il n’a fallu que sept heures pour sortir des résultats sur un échantillon de 22 000 espèces de plantes, alors que les experts de l’UICN ont en moyenne besoin d’une journée pour évaluer une plante et d’un budget variant entre 30 et 500 dollars. « Il s’agit bien d’évaluations préliminaires plus rapides et moins coûteuses avant une éventuelle inscription sur la liste rouge de l’UICN. Mais elles peuvent apporter des informations cruciales pour que le développement économique de l’Afrique ne se fasse pas au détriment de la biodiversité », insiste le chercheur.

Ce n’est en effet pas un hasard si le continent a été choisi comme terrain d’étude : « L’Afrique tropicale fait face à des pressions croissantes liées à l’exploitation forestière, aux besoins en énergie, au développement de l’agriculture et des activités minières », écrivent les auteurs, sans oublier de citer les impacts du dérèglement climatique et de la croissance démographique. Les zones de forte concentration humaine – en particulier la zone côtière allant du golfe de Guinée au Sénégal –, où la disparition des forêts a été massive au cours des dernières décennies, apparaissent ainsi comme les régions les plus vulnérables. Tandis que celles moins densément peuplées et moins exploitées d’Afrique centrale apparaissent mieux préservées.

Ce paysage dessiné par l’étude souffre encore de l’absence totale de certains pays, comme l’Angola et la République centrafricaine, pour lesquels les botanistes ne disposent d’aucune donnée.

Cet article est originalement paru dans Le Monde. Lire ici

Le Gabon revendique deux millions d’ha de forêts certifiées sur les cinq millions que totalise le Bassin du Congo

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Ce qui témoigne de la détermination du pays à poursuivre le processus de gestion durable de ses forêts.

Dans de nombreux pays, et notamment dans le Bassin du Congo, au Cameroun et au Gabon, des groupes d’élaboration de standards (normes) FSC rédigent des standards nationaux de gestion forestière pour interpréter les principes et critères en fonction des conditions propres à leur pays.

Au Gabon, depuis 2014, un groupe d’experts indépendant a été constitué. Le groupe d’élaboration est officiellement reconnu par le FSC-International. Il est présidé par le Dr. Emmanuel Bayani, actuellement Directeur général de l’environnement.

La mise en place de cette norme nationale repose sur la définition, par les différentes parties prenantes, de la gestion des forêts au Gabon, d’indicateurs adaptés au contexte local. Elle se fait par le processus de transfert de la version actuelle de la norme régionale FSC pour la certification des forêts du Bassin du Congo, approuvée en avril 2012.

En outre, le Groupe d’élaboration des normes FSC au Gabon (GEN), vient de produire la troisième ébauche de la norme nationale FSC pour la certification des forêts de la République gabonaise. Cette troisième ébauche – avant-dernière ébauche – est le résultat de la prise en compte des commentaires sur la première ébauche qui avait été élaborée à partir du document final des indicateurs génériques internationaux.

Lequel documents e veut propre au fonctionnement du groupe d’élaboration des normes, ainsi que de la prise en compte des recommandations du test de terrain du premier draft effectué par le Bureau Veritas.

Ce premier draft intègre des indicateurs de la version 2-0 des indicateurs génériques internationaux (version qui inclure les indicateurs sur les paysage forestiers intacts et les conventions fondamentales de l’OIT) et la prise en compte des indicateurs sous régionaux pour les paysages forestiers intacts élaborés par le Groupe de travail sous-régional – Haute Valeurs de Conservation (GSRT-HVC) pour le Bassin du Congo.

Le draft final de la norme nationale sera soumis pour approbation par le FSC d’ici la fin du mois d’octobre 2019 et la norme nationale FSC au Gabon devrait être opérationnelle dès le début 2020.

Pour la bonne gouverne, le FSC est une plateforme démocratique vise une gouvernance équitable. Sur le modèle des piliers du développement durable, il se compose de trois chambres regroupant l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion responsable et la certification des forêts dans le monde.

Il s’agit de : la chambre sociale (associations de consommateurs, syndicats de travailleurs, usagers de la forêt, représentants des peuples autochtones et des populations locales) ; la chambre économique (propriétaires, gestionnaires et exploitants forestiers, entreprises de la filière) et enfin de la chambre environnementale (associations nationales et internationales environnementales, experts et scientifiques).

Cet article est une publication de Conjoncture Economique. Lire l’original ici.

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